22/08/2007

Voisins

7h14. Tous les damnés de l'Enfer entonnent un chant macabre, brutal, saccadé, qui monte en un hurlement morcellé de douleur puis qui soudain redescend, se repose dans les basses et repart de plus belle, tantôt proche, tantôt distant, comme un hymne barbare composé de milliers de voix où la haine puiserait sa force avant de se mélanger au plus détestable des mépris.

J'ouvre les yeux. Le chant s'est tu brutalement, ponctué par un éclatement assourdissant. C'est pas vraiment le paradis, bien sûr, mais la chambre où j'ai dormi cette nuit n'a rien d'infernal non plus. A peine le temps de faire ces constatations élémentaires que le bruit reprend. Il est 7h16, et voilà, je réalise que le voisin a décidé d'abattre (ou plutôt, de faire abattre) la rangée de sapins qui sépare sa propriété de la nôtre, cette haie de trois mètres de haut qui existe depuis au moins une trentaine d'années et qui permettait d'avoir un tant soit peu d'intimité où que l'on soit dans le jardin...

Heureusement que tout ça ne s'est pas passé hier, quand je relisais en catastrophe 200 pages pour un examen qui avait lieu l'après-midi même, parce qu'avec ce bruit de tronçonneuse plutôt insupportable, j'aurais pêté un câble avec d'autant plus de conviction... Et aujourd'hui ben, j'étudierai en mode glande, pour une fois changer :)

Mais qu'est-ce que les gens ont contre les arbres ? Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des arbres dans son jardin, non monsieur, et un arbre ça se respecte, ça se soigne, ça ne se détruit pas dans un tel cri de détresse et de brutalité mélangées...

Enfin... S'il n'y avait que ça ! Hier, en revenant dudit examen, voilà pas que j'apprends qu'il y a un avis placardé vite fait sur un poteau de bois, en bas de la rue, comme quoi le pré dans lequel j'habite (ou à peu de choses près) a été vendu, eh oui ! Et pas à n'importe qui, évidemment, à un promoteur immobilier... Chaque seconde qui passe détruit le côté "rural" de mon quartier, manque plus qu'un Delhaize à moins de trois kilomètres et l'illusion sera parfaite, tous les inconvénients de la campagne sans les avantages, ni vraiment ceux de la ville.

Y'a bon vivre ici, je vous le dis... (et là je ne vous ai même pas parlé de l'odeur d'essence qui investit la maison malgré que toutes les issues soient fermées...)

PS : je viens de réaliser que mon prochain examen porte sur... le droit administratif ! Cher collège des bourgmestre et échevins, ta décision ne tient plus qu'à un fil... ;)

10:15 Écrit par Arlequin dans Un peu de rien... | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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