06/08/2007

Le parapluie blanc

Parmi les bruits du rail, et les coups de frein stridents

Les annonces au micro et les pleurs des enfants

Laissé sur un banc par une radieuse matinée 

Un grand parapluie blanc attend de voyager

 

Vient un homme distingué qui rentre du boulot

Le voilà qui s’assied à côté d’un marmot

Et d’un geste distrait, par simple curiosité

Il prend le parapluie qui traînait à ses pieds

 

Mais le marmot s’anime, et d’une voix inégale

Gentiment le taquine, le traite de vandale

Lui confie même aussi qu’il est piètre voleur

Ce maudit parapluie, il pleut à l’intérieur

 

L’homme veut vérifier, et fait jouer l’ouverture

D’un regard attentif, il cherche la déchirure

Ca fait rire le gamin, « Vous n’avez pas compris »

« Allez voir par vous-même, faites un tour sous la pluie »

 

Quand il vient se rasseoir, son parapluie trempé

Il n’y a pas une goutte d’eau sur ses chaussures cirées

Mais l’homme a bien compris les paroles du gamin

Il sèche ses dernières larmes d’un revers de la main

 

« J’ai vu beaucoup de choses, dont certaines difficiles

J’ai vu le cœur des gens, de pierre ou bien fragile

J’ai vu leur âme, leurs rêves, leurs douleurs, leurs espoirs

J’étais dégoûté d’eux, mais croisant un miroir

J’ai pu suivre avec peine la courbe de ma conscience

J’ai pu voir la couleur de toute mon existence

J’ai compris qu’après tout je ne valais pas mieux

Reprends ton parapluie, il m’a ouvert les yeux »

 

Le garçon lui dessine un sourire de mystère

« N’allez pourtant pas croire qu’il n’y ait plus rien à faire

Ce parapluie tout blanc est celui de la Mort

Mais celui du bonheur, lui, est multicolore »

12:11 Écrit par Arlequin dans Par écrits | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

... Que dire, si ce n'est qu'une fois de plus, un texte de toi m'épate, tant par sa forme que par l'imagination dont il provient !

Très beau texte, en tout cas... ;)

Écrit par : tayiam | 06/08/2007

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