26/07/2007

J'ai eu chaud

Je me rappelle, j’avais fermé la porte d’entrée à clé. Même pas deux semaines que la vieille folle deux étages au-dessus avait été cambriolée, je me suis dit qu’il fallait pas tenter le diable.

Ils étaient deux. Les autres attendaient à l’extérieur. Comme je ne répondais pas et que la porte ne voulait pas s’ouvrir, ils l’ont carrément démolie. Trente secondes et c’était fait. Ils couraient dans le hall d’entrée quand une des fenêtres de la petite chambre qui me servait de cuisine explosa ; un troisième type entrait dans l’appartement.

A trois, ça va plus vite pour fouiller les pièces, surtout que ma piaule était déjà pas bien grande. J’avais quand même réussi à ce que le proprio me laisse louer le palier juste au-dessus, parce que mon escalier intérieur donnait directement dedans, et j’avais pas envie de devoir cohabiter avec n’importe quel zonard.

Et donc, comme ils trouvaient personne en bas, ben ils ont logiquement voulu monter. Je me demande s’ils ont cassé des trucs, en me cherchant partout comme ça. Bah, je m’en fous, de toutes façons tout a cramé. Ils sont montés, comme je disais. La vieille serrure des chiottes déconnait sérieusement, ça m’arrivait de taper dedans des fois, parce que y’a rien de pire que rester coincé là-dedans avec la trouille de pas savoir en sortir… Et quand ils ont voulu vérifier si j’y étais pas, ben le vieux loquet rouillé a encore fait des siennes, du coup ils se sont tous précipités là, certains que je m’étais caché dans ce trou en attendant qu’ils me découvrent. Ils ont dû faire une tête en découvrant la cuvette vide…

Ils ont forcément fini par me trouver, moi qui étais bêtement sur mon lit. Le plus grand des trois s’est rué sur moi, tandis qu’un des deux autres détruisait encore une fenêtre à coups de coude. Histoire de respirer, qu’il m’a dit.

Bah moi, je le crois, hein.

Ils m’ont quand même sauvé la vie.

Ils m’ont transporté en bas chez ceux qui attendaient avec des trucs pour réanimer les gens. C’était il y a ¼ d’heure. Un des trois gars, tout noir de suie, m’a tout raconté, il a l’air tout fier de lui, je suppose qu’il a raison… Moi j’ai émergé il y a que quelques minutes, intoxication légère qu’il a dit le gars avec sa blouse bizarre. Il faut dire que le feu a pris trois étages en dessous, donc moi j’avais pas encore trop de fumée, mais il fallait pas que mes lascars traînent de trop…

Eh, avec un peu de chance, je serai ptêt dans le journal, pour une fois…

 

 



22:34 Écrit par Arlequin dans Par écrits | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Je me sens quand même obligé de préciser qu'il s'agit d'une fiction, on ne sait jamais...
Et, par ailleurs, je touche du bois. Feriez mieux de faire pareil...

Écrit par : Arlequin | 26/07/2007

Un petit bonjour en passant. Attention le bois il brule.

Écrit par : Les sources du Nil | 26/07/2007

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