25/05/2007

L'homme au chapeau gris

Avec un chapeau gris abaissé sur les yeux

Protégeant du soleil son visage rayonnant

On dit de ce passant, de cet homme mystérieux

Qu’il a toujours aux lèvres le sourire d’un enfant

 

Dans le matin brumeux il descend de chez lui

Il a sur les épaules son imper fatigué

Son pas est silencieux, ses poches sont bien remplies

Il traverse la rue sans se faire remarquer

 

Quand il croise le facteur, il élève le regard

Il recherche cette lueur appelée courtoisie

Pour un homme que chacun considère comme à part

Il reste fort attaché aux bonheurs de la vie

 

Il arrive sur la Place, le carrefour de la ville

Où les gens matinaux se saluent et devisent

Un sourire pour chacun, puis de son pas tranquille

L’homme aux vêtements usés se dirige vers l’église

 

C’est juste en face du porche qu’il s’arrête finalement

En regardant le ciel et en joignant les mains

Seul devant l’édifice, il siffle doucement

Pour inciter les anges à changer de chemin

 

Sa musique est si douce, sans accrocs et sans heurts

Mais il arrête son souffle, et voile son soupir

Car jamais aucun ange ne répond au rêveur

Qui chaque matin pourtant conserve son sourire

 

Mais peut-être les anges sont-ils sans importance

Aux yeux de ce vieil homme qui n’attend plus rien d’eux

Car son appel étrange résonne dans le silence

Jusqu’à ce qu’apparaissent des ailes dans les cieux

 

Sortent alors de sa poche de larges tranches de pain gris

Qu’il distribue lentement aux oiseaux qui l’entourent

Il ne vient pas seulement pour nourrir ses amis

Les pigeons de l’église sont son dernier amour

20:02 Écrit par Arlequin dans Par écrits | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.