20/05/2007

Rien

Je savais qu'il existait, c'était évident. Par simple analogie, il existait forcément. Même si son existence implique beaucoup de choses, des choses difficiles à regarder en face, des choses difficiles à admettre, comme autant de poids accrochés à moi pour me ramener au sol... Voire pour m'y engloutir, on verra...

On verra...

Le hasard, le destin... ou autre chose, qui joue avec moi comme avec une marionnette...

Oui, on verra si les choses seront différentes le jour où j'aurai les armes pour lutter...

 

Aujourd'hui j'ai trouvé ce que je cherchais sans le savoir... A moins que ce ne soit un mensonge de plus, et que j'aie toujours voulu le trouver, sans doute même avant qu'il n'existe, avant même que ça ait de l'importance...

Puisqu'on a la chance d'avoir des mots pour l'écrire, je vais tenter le coup ; il doit s'agir d'une sorte de boîte. Une boîte de Pandore, une boîte à secrets, et en même temps une manière de les révéler, car tel est bien le but, révéler ses secrets pour mieux les vivre.

J'ai trouvé cette boîte. J'ai trouvé "ma" boîte, pas vraiment la mienne, non, mais celle que je cherchais sans doute.

Une boîte grande ouverte. Et cette boîte est horriblement vide... Ses parois sont autant de miroirs qui réfléchissent le néant, au point qu'on a beau se pencher, mettre sa tête tout entière à l'intérieur, on ne se voit pourtant pas. On se devine. On croit se reconnaître, on essaye de rassembler les morceaux, les petites poussières de soi, les infimes petites traces qu'on pensait avoir laissées là, et on s'entête, on tente de se reconstruire parce que c'est la seule chose à faire, et on achève le malaise en regardant son oeuvre en face : un amas ridicule de tous petits riens, qui s'envolent à la moindre respiration. Il ne s'agit pas d'une reconstruction, puisqu'il n'y a jamais eu d'original. Il ne s'agit pas d'un rêve, puisque ça fait si mal. Il ne s'agit de rien. Rien. Rien.

 

Rien, le mot qui traduit le mieux tout ce qui passe par la tête à ce moment précis. Rien, comme l'objet de nos pensées. Rien, le néant, celui qui envahit tout quand le reste n'a plus d'importance. Alors, le malaise s'en va, puisqu'il n'a plus rien à pourrir. La tête se vide, les poumons aussi. On est le centre de tout au milieu du noir, ce noir qui vient d'apparaître, ce noir qui n'a rien d'effrayant, rien d'agressif, rien de dangereux, c'est juste du noir.

Alors, par chance, par intuition, non, par hasard sans doute, lui qui a si mal fait les choses jusqu'alors, par hasard, on se dit que peut-être il se trouve une tache lumineuse au milieu de cette nuit nouvelle. Mais il n'y en a pas. Pas encore. Car le simple fait de la chercher la fait apparaître. Alors on y croit. Et ça marche. Le noir se dissipe, on fait naître des nébuleuses de couleurs, des soleils, des univers de lumière. Mais on garde le noir dans son esprit, toujours, en bonne place, pour s'en rappeler, et pour pouvoir continuer à créer, à travers lui.

 

La réalité est toujours la voie la plus évidente. C'est une sorte de "première impression" continue, quelque chose sans recherche, quelque chose de brut, de soudain, de direct. Vivre, c'est s'en détacher, un peu. Si on s'en détache trop, on prend le risque de ne pas pouvoir supporter ce en quoi la réalité consiste vraiment. Si on y reste trop attaché, on n'est alors guidé que par son instinct, et jamais par ses émotions, et on passe sa vie à chercher quelque chose qu'on ne comprend pas. Quelque chose qu'on ne veut d'ailleurs pas comprendre. Quelque chose que, lorsqu'on est amené à en parler, on appelle "rien".

 

Aujourd'hui, ce n'est pas une page qui se tourne, c'est un livre qui se referme. Un livre inachevé, dont je ne souhaite d'ailleurs pas connaître la fin...

J'ai refermé la boîte. Ce post mis à part, on ne pourrait dire que j'y ai touché.

D'ailleurs, on fera comme si ce n'était pas le cas.

D'ailleurs, ce n'est pas le cas. Peu importe ce qu'un fantôme fait, ou ne fait pas.

 

Ce noir, en réalité, c'est la part la plus importante de nous, celle qui nous ressemble le plus.

 

Dans chacun de nous, il y a une Nuit.

Il s’y trouve des endroits secrets, des endroits inconnus, et du vide, du noir, beaucoup de noir... le noir. 

Mais aussi... Un peu partout, parsemées de manière incompréhensible pour nous, il y a des petites traces lumineuses, brillantes, magnifiques, qu’on appelle « rencontres ».

 

Chaque Etoile de notre Nuit est une rencontre. Chacune est source de lumière, à son échelle, selon son importance, c’est-à-dire l’importance qu’on lui donne. Chacune fait de grandes déchirures dans le noir de la Nuit, de larges plaies dans la morosité, qui pourraient ne jamais se refermer...

La Nuit nous dévoile un nombre incalculable d’Etoiles…

Il y a les Etoiles faibles, frileuses, qu’on ne remarque que si on les cherche, qui ne se livrent à nous que si on fait l’effort de les prendre en considération, mais qui peuvent se révéler comme les plus belles, et celles plus fortes, qui s’imposent, qu’on le veuille ou non, et dont on ne sait jamais vraiment quoi attendre…

Il y a les Etoiles filantes, souvent belles, parfois magnifiques, mais éphémères, qu'on ne regrette pourtant jamais d'avoir pu apercevoir…

Il y a celles qui nous servent de repère, et sur lesquelles on peut compter lorsqu’on est perdu au milieu de la nuit… Celles-là sont rares, et on n'est jamais sûr qu'elle ne s'effaceront pas au plus mauvais moment...

Il y a les arrogantes, les imposantes, qui clignotent pour se faire remarquer, mais qui, si on s’y attarde, finissent par changer de forme ou de couleur, et qui souvent redonnent au noir une parcelle de son empire… 

Il y a, enfin, toutes celles qui brillent autour de nous, mais auxquelles on ne s’intéressera jamais plus d'un instant… à tort ou à raison.

 

L’Etoile la plus brillante, qu’on l’appelle Etoile du Nord ou Etoile du Berger, n’est en réalité rien d’autre que la planète Venus. Venus, du nom de la déesse de l’Amour, et ce n'est sans doute pas un hasard. L’Amour est ainsi la rencontre qui produit le plus de lumière dans notre Nuit, celle qui dissipe le plus de noir... La Lune propage encore plus de lumière, mais ce n'est pas une rencontre. La Lune, c'est le Bonheur. Un jour on en a plein, un jour on n'en a pas. Mais toujours on sait qu'il est là, quelque part, et c'est toujours lui qu'on vise avec espoir.

 

C'est dans la Nuit qu'on découvre les plus belles choses... A condition qu'elle soit étoilée...

 

 

15:47 Écrit par Arlequin dans Un peu de rien... | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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