30/04/2005

Coeur

Ca n'a rien à voir mais ça me tient à coeur de le dire, alors voilà ; je joins un lien vers une video affreuse. Comme on me l'a dit à moi, je te le dis à toi cher visiteur : n'y va pas.
 
On a beau être prévenu, on est curieux ou on ne l'est pas, et j'ai été y jeter un oeil... Je n'aurais pas dû. Contrairement à ce que je pensais, on n'y voit pas une évocation de la production industrielle des vêtements en fourrure, où un ouvrier s'échinerait à traiter des kilomètres de peau pour confectionner un simple manteau ou une écharpe... Ca n'aurait pas choqué les gens assez, ces images auraient sans doute été supportables, et tel n'était pas le but... Aussi cette video préfère-t-elle l'amateurisme au documentaire soigneusement censuré, la réalité du marché de rue à la relative "propreté" de l'usine, l'horreur à la simple pitié. Ainsi, on y voit un homme, qui je n'en doute pas trouve là une occasion comme une autre de gagner sa vie, un homme donc, procédant méthodiquement à une véritable scène de film d'horreur. Le sang tache la fourrure, impossible donc d'égorger la bête, et l'empoisonnement de tant d'animaux reviendrait sans doute trop cher... L'homme n'a guère le choix, et il entreprend un véritable "épluchage" (je ne trouve pas d'autre terme) de l'animal en vue de lui ôter sa fourrure d'une pièce. Cela requiert d'abord de trancher les pattes, ce que l'homme fait aisément en deux coups de machette. Pas d'égorgement ni d'empoisonnement donc, vous l'aurez compris : l'animal est vivant du début à la fin... Je vous passe les détails... Quand il a fini, l'homme rejette cette carcasse qui n'a plus rien de commun avec ce qu'elle était, et s'en désintéresse. Mais pas la caméra. Et là on assiste à une scène que personnellement je n'oublierai jamais : ce petit corps, sans pattes, saignant de partout, la chair à vif, abandonné sur les cadavres de ses semblables à l'arrière d'une remorque, trouve la force de se relever, une dernière fois, et de tendre ce qui lui reste de museau vers le ciel, comme pour gueuler qu'un jour, quelqu'un ou quelque chose le vengera. Deux ou trois secondes qui, si ce n'était déjà fait, vous répandent les tripes sur le clavier. Deux ou trois secondes après lesquelles la bête retombe lourdement. Morte. Enfin. Une scène à vous rendre foi en Dieu.
La video ne s'arrête pas là. L'homme, ou un autre peu importe, recommence le même travail avec un petit louveteau blanc comme neige. Les images ici sont encore plus fortes qu'avec ce que j'ai pris pour un raton-laveur. Je n'ai aucune envie de vous raconter. Je suppose qu'aucun super-héros ne sera venu le sauver de ce qui l'attendait. Je dis je suppose, parce qu'évidemment je me suis arrêté. J'ai tenu un quart d'heure. Je ne conçois pas que quiconque puisse tenir plus longtemps sans risquer le suicide.

Tout ce développement pour quoi, au final ? Vous l'aurez compris, je ne vous demande pas d'aller visionner cette video, mais simplement de me croire. Moi, je l'ai vue, du moins en partie. J'ai mis trois jours entiers à m'en remettre, et plus de dix jours à décider de venir en parler dans ce post. Cette cause mérite que vous la souteniez.

Si, par le plus mauvais des hasards, vous doutiez d'avoir un coeur, soit, allez y jeter un oeil quand-même. Cinq minutes suffiront amplement à vous rassurer.

http://www.strasbourgcurieux.com/fourrure

Je rappelle une adresse de pétition, une parmi d'autres (avec un petit louveteau là aussi, pour vous rappeler à quoi ça ressemble) : http://www.gaia.be/fr/petition/Elevage-fourrure.html. C'est déjà un bon début.
 
Merci :°)




20:17 Écrit par Arlequin dans Un peu de rien... | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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